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Ecg : signification du nombre de dérivations

Ecg : signification du nombre de dérivations

Dans la pratique clinique quotidienne, l’électrocardiogramme reste l’un des examens les plus déterminants pour analyser l’activité électrique du cœur, orienter un diagnostic cardiaque et identifier rapidement un infarctus ou une anomalie du rythme. Pourtant, la signification du nombre de dérivations - 3, 6 ou 12 - reste souvent mal comprise, alors qu’elle conditionne directement la précision du tracé, la lecture de l’axe ou encore l’évaluation du complexe QRS et des intervalles.

Nous accompagnons chaque jour des cabinets médicaux, cliniques et services hospitaliers dans le choix de leur équipement ECG. Cette expérience terrain, combinée à une expertise technique avancée sur les systèmes de dérivations et les appareils professionnels, nous permet de proposer une lecture claire, rigoureuse et applicable immédiatement dans la pratique.

Comprendre ce que représente réellement le nombre de dérivations, c’est savoir dans quel plan du corps on observe le signal, quelles zones du ventricule et des parois cardiaques sont visibles, et dans quels cas un ECG plus complet devient nécessaire pour éviter un diagnostic incomplet, notamment dans les atteintes postérieures ou du ventricule droit.

Dans cet article, nous allons expliquer de manière technique mais accessible comment se construisent les dérivations - du système d’Einthoven aux dérivations précordiales - et comment choisir l’appareil le plus adapté à votre activité : monitoring simple, analyse du plan frontal ou électrocardiogramme 12 pistes complet.

Signification du nombre de dérivations sur un ECG : la réponse essentielle

La première chose à comprendre est qu’une dérivation n’est pas une électrode, mais un point de vue électrique sur l’activité cardiaque. Chaque dérivation représente la différence de potentiel mesurée entre deux électrodes, ce qui permet d’observer le signal du cœur sous un angle précis. Plus le nombre de dérivations est élevé, plus l’analyse du tracé ECG est complète et fiable.

Que mesure réellement une dérivation ?

Une dérivation mesure comment se propage l’activité électrique à travers le myocarde. En pratique :

  • L’impulsion naît, se propage dans les oreillettes, puis dans le ventricule.
  • Les électrodes captent cette propagation et dessinent un complexe (P–QRS–T).
  • Chaque dérivation visualise cette même activité selon une orientation particulière, dans le plan frontal ou horizontal.

Ainsi, les dérivations ne montrent pas la même chose : certaines explorent la paroi latérale du cœur, d’autres la région inférieure, septale ou antérieure. D’où l’importance du nombre total de dérivations.

Pourquoi 3, 6 ou 12 dérivations ?

Le choix dépend du niveau d’information clinique recherché :

  • 3 dérivations : observation du rythme, surveillance en continu, orientation de l’axe global.
  • 6 dérivations : vision complète du plan frontal avec les dérivations standards et augmentées.
  • 12 dérivations : représentation tridimensionnelle du cœur incluant les dérivations précordiales, indispensable pour détecter un infarctus, un trouble de conduction ou une atteinte ventriculaire localisée.

En d’autres termes :
plus il y a de dérivations, plus la “carte électrique” du cœur est précise, ce qui réduit le risque de passer à côté d’une anomalie critique, notamment en territoire postérieur.

Les systèmes de dérivations : de Einthoven aux précordiales

Pour comprendre la logique derrière 3, 6 ou 12 dérivations, il faut revenir aux systèmes qui structurent l’électrocardiogramme moderne. Chaque groupe de dérivations observe l’activité électrique cardiaque selon un axe différent, permettant une représentation progressive du cœur : d’abord globale, puis sectorielle, puis localisée.

Les 3 dérivations standards d’Einthoven (I, II, III)

Le système d’Einthoven constitue la base de l’ECG. Il repose sur trois électrodes placées sur les membres — bras droit, bras gauche et jambe gauche — qui forment un triangle électrique autour du cœur. Ces trois dérivations offrent une vision initiale du plan frontal, utile pour analyser la direction générale du signal, évaluer l’axe cardiaque et détecter des anomalies du rythme ou de la conduction auriculaire.

Même si elles semblent simples, ces dérivations restent essentielles en pratique clinique : elles permettent d’identifier un déplacement de l’axe, une hypertrophie, ou encore une dérivation particulièrement informative comme la dérivation II, souvent privilégiée pour la surveillance du patient.

Les dérivations augmentées (aVR, aVL, aVF)

L’ajout des dérivations augmentées complète l’observation du plan frontal. En créant trois nouvelles orientations — vers le bras droit (aVR), le bras gauche (aVL) et le bas du corps (aVF) — l’ECG passe à six dérivations frontales au total.

Ce système améliore la compréhension des territoires inférieurs et latéraux. Par exemple, aVL est un repère clé pour la paroi haute latérale, tandis que aVF éclaire les territoires diaphragmatique et inférieur. Ensemble, ces dérivations affinent considérablement la lecture du tracé, notamment dans les suspicions d’infarctus localisé.

Les dérivations précordiales (V1 à V6)

Les dérivations V1 à V6 ajoutent une dimension totalement différente : le plan horizontal, c’est-à-dire une visualisation directe de l’avant du thorax et des différentes zones du ventricule. Chaque électrode précordiale est positionnée sur un point précis de la paroi thoracique, ce qui permet d’explorer la région septale, l’apex, la paroi antérieure et la paroi latérale gauche.

L’intérêt clinique est majeur. V1 et V2 sont déterminantes pour reconnaître les particularités du ventricule droit et des blocs de branche. V3 et V4 correspondent au territoire antérieur, où se manifestent certaines formes graves d’infarctus. V5 et V6 permettent d’évaluer la paroi latérale gauche et le comportement de la repolarisation dans les hypertrophies ventriculaires.
Sans ces dérivations précordiales, impossible de visualiser correctement le plan horizontal ni d’établir une cartographie complète du cœur.

ECG 3 dérivations, 6 dérivations, 12 dérivations : différences et usages cliniques

Le nombre de dérivations reflète simplement la quantité d’angles sous lesquels on observe l’activité électrique du cœur. Plus il y en a, plus la représentation du tracé ECG est précise.

ECG 3 dérivations : surveillance du rythme

L’ECG 3 pistes fournit une vision générale du plan frontal et permet de suivre la fréquence et le rythme cardiaque en continu. C’est le format utilisé en monitoring, urgences, transports médicalisés ou anesthésie.
Il ne permet pas d’analyser les territoires myocardiques, mais reste fiable pour la surveillance du patient.
Exemples Medikapro : Cardiomate 3 Spengler, Cardi’3.

ECG 6 dérivations : analyse plus complète du plan frontal

Avec les dérivations standards et augmentées, l’ECG 6 pistes améliore l’évaluation de l’axe, des anomalies du segment ST et des régions inférieures ou latérales.
Il convient aux cabinets ayant besoin d’un premier niveau d’analyse sans passer au 12 pistes.
Exemples Medikapro : Cardi’6, Cardiomate 6.

ECG 12 dérivations : référence diagnostique

Le 12 dérivations ajoute les dérivations précordiales et offre une cartographie complète du ventricule, du septum, des parois antérieures et latérales.
Il est indispensable pour diagnostiquer un infarctus, un trouble de conduction, une variation de l’espace ST ou une atteinte du ventricule droit ou postérieur.
Exemples Medikapro : Cardi’12, Cardiomate 12, Mindray BeneHeart R12.

Quand ajouter des dérivations supplémentaires ?

Même si l’ECG 12 dérivations couvre la majorité des situations, certaines localisations nécessitent des vues complémentaires pour éviter un diagnostic incomplet.

Dérivations droites (V3R, V4R)

Elles sont utilisées lorsqu’on suspecte une atteinte du ventricule droit, notamment dans les infarctus inférieurs étendus.
Ces dérivations permettent de visualiser directement le territoire ventriculaire droit, souvent sous-représenté dans le tracé standard.

Dérivations postérieures (V7, V8, V9)

Elles deviennent nécessaires en cas de suspicion d’infarctus postérieur, un territoire qui ne s’exprime pas toujours clairement sur les dérivations classiques.
Ces électrodes ajoutées sur la ligne axillaire et la région scapulaire permettent d’objectiver un sus-décalage du ST ou une modification du complexe QRS difficile à voir autrement.

Tableau comparatif

Nombre de dérivations Plan(s) analysé(s) Informations cliniques obtenues Limites diagnostiques Modèles Medikapro
ECG 3 pistes Plan frontal (partiel) Suivi du rythme, fréquence, détection d’arythmies, monitoring continu Impossible d’analyser les territoires myocardiques ; pas de visualisation du ventricule, du septum ou de la paroi antérieure Cardiomate 3 Spengler ; Cardi’3
ECG 6 pistes Plan frontal complet Analyse de l’axe, évaluation du segment ST en régions latérales et inférieures, premier niveau d’analyse Pas de plan horizontal ; infarctus antérieur, septal ou latéral profond non visibles Cardi’6 ; Cardiomate 6 Spengler
ECG 12 pistes Plan frontal + plan horizontal (précordiales) Diagnostic complet : infarctus, troubles de conduction, hypertrophies, analyse des intervalles, atteintes du ventricule droit ou postérieur Aucun dans les situations standard ; dérivations supplémentaires parfois nécessaires pour le ventricule droit ou la paroi postérieure Cardi’12 ; Cardiomate 12 Spengler ; Mindray BeneHeart R12

Conclusion

Le choix du nombre de dérivations conditionne la qualité du tracé ECG et la précision du diagnostic.
Un ECG 3 pistes suffit pour la surveillance du rythme, alors qu’un 6 pistes permet déjà une analyse du plan frontal plus détaillée. Pour une évaluation complète de l’activité électrique du cœur, incluant le septum, les parois antérieures, latérales ou postérieures, le 12 dérivations reste l’outil de référence.

Expert du matériel médical professionnel, nous accompagnons les professionnels de santé dans le choix de l’appareil le plus adapté : simple monitoring, analyse semi-diagnostique ou électrocardiogramme complet. Nos équipes sont disponibles pour vous orienter vers les modèles les plus pertinents pour votre pratique clinique.

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